La fin de l'année 1919
Eugène Canseliet poursuit ainsi son année de retour à Paris entre les salons littéraires, Fulcanelli, l'Avenue Montaigne (où les De Lesseps reçoivent autant Fulcanelli que Jean-Julien Champagne qui y a également un petit laboratoire dans lequel il y travaille avec un des fils de Ferdinand De Lesseps), la compagnie de Jean-Julien Champagne et les milieux des libraires et de l'ésotérisme.
En Septembre 1919, la grand-mère de Eugène Canseliet décède. Eugène porte un brassard noir pour signifier le deuil qui a eu lieu dans sa famille. Lorsqu'il rencontre Fulcanelli celui-ci lui demandera quel âge elle avait. Quand Eugène lui dira qu'elle avait 80 ans il lui répondra "c'est tout juste mon âge !". Ainsi Eugène dira par la suite que Fulcanelli était né autour de l'année 1839.
Alors qu'il fait le tour des libraires le long des quais de Paris, Eugène découvre un livre fort singulier nommé "Voyages en Kaléïdoscope" de Irène Hillel Erlanger. Très étonné, alors qu'il connaît l'auteur qu'il a croisé à plusieurs reprises dans les salons littéraires et que Fulcanelli semble bien connaître, il achète le livre.
A la lecture du livre Eugène Canseliet est stupéfait. Non seulement l'ouvrage parle à demi-mot d'alchimie mais en plus, de manière voilée, il fait allusion à Fulcanelli et à sa relation avec Eugène Canseliet son disciple. Eugène après sa lecture apporte son exemplaire à Fulcanelli pour qu'il puisse lire l'étrange ouvrage. Après sa lecture Fulcanelli demandera à Canseliet si il peut lui trouver un autre exemplaire, ce que Eugène aura toutes les peines du monde à faire car entre temps le livre aura été mis au pilon... Peut-être est-ce d'ailleurs le couroux de Fulcanelli envers Irène Erlanger qui est à l'origine de cette volonté d'arrêter la diffusion du livre car celui-ci n'aura pas manqué d'en parler à quelques amis. Seuls quelques exemplaires auront subsisté à cette rapide tentative de faire disparaître l'ouvrage. De son côté Eugène conservera toute sa vie son exemplaire de ces "voyages en Kaléïdoscope !" que Fulcanelli aura d'ailleurs annoté (comme il avait l'habitude de le faire sur ses livres) lors de sa lecture du livre.
L'année 1919 finit sur cette note un peu étrange et contrariante pour Fulcanelli qui ne veut pas que soit dévoilée sur la place publique ses préoccupations alchimiques. Il s'apprête pour 1920 à effectuer les opérations du troisième oeuvre alchimique qui lui demandent toute la concentration et la liberté possible. A partir de ce moment là, il participera beaucoup moins aux activités que proposent les salons littéraires.