La Rencontre avec Fulcanelli
Eugène Canseliet est donc arrivé à Marseille et s'est installé chez sa cousine. Il a repris ses cours sur les bancs de l'école (au lycée Thiers qui se trouve à côté de l'école des Beaux-Arts) et suit également des cours à l'école des Beaux-arts place Auguste et François Carli. Ainsi il n'a pas trop loin à aller pour poursuivre ses études.

école des Beaux-Arts en 1915 où allait Eugène Canseliet
le bâtiment existe toujours aujourd'hui c'est le Palais des Arts de Marseille.
Néanmoins le jeune Canseliet a un peu de mal à se faire des amis. Il faut dire qu'il a déjà une certaine mâturité et a du mal à se lier avec les jeunes de son âge qui n'ont pas les mêmes préoccupations ou les mêmes attraits de lecture que lui. Il préfère parler avec ses professeurs et avec des adultes. C'est ainsi qu'au détour d'une conversation il découvre qu'une personnage âgée faisant le ménage le soir dans les locaux des Beaux-Arts fut une disciple du Zouave Jacob. Nous sommes début 1915 et le Zouave Jacob (Auguste Henri Jacob) est décédé depuis deux ans Eugène Canseliet avait certainement du entendre parler de cet étrange Saint Homme puisqu'il exerçait surtout à Paris. Son attrait de l'étrange ne fait qu'un tour et il parle longuement avec cette vieille femme de 80 ans qui lui narre les cures merveilleuses réalisées et la doctrine prônée par le Zouave Jacob (il fut réellement Zouave dans la 7ème compagnie des Hussars en poste en Algérie). Eugène Canseliet aimera beaucoup discuter et échanger avec cette vieille femme. Il lui parlera de ses lectures, de Papus ou de Stanislas de Guaita mais également de son attrait pour l'alchimie avec le livre de Cyliani.
La femme lui dit alors qu'elle connaît un monsieur chez qui elle fait le ménage et qui pourrait certainement l'intéresser. Il semble s'y connaître beaucoup dans l'alchimie et dans les choses spirituelles. Elle propose alors de mettre le jeune Eugène en relation avec cet homme étrange - Canseliet est âgé à l'époque de 15 ans.

Préfecture de Marseille vers 1915
Rendez-vous pris Eugène Canseliet se rend chez lui. Il n'habite pas très loin de son école et de l'école des beaux-arts car il vit actuellement dans un hôtel particulier dans le Quartier de la préfecture. La vieille femme va donc le présenter à celui qui sera bientôt son maître mais il ne le sait pas encore. Eugène Canseliet est introduit chez lui pour la première fois. Il découvre un vieux monsieur d'environ 70 ans, de taille moyenne (il mesure environ 1 m 72). Il a les cheveux blancs de taille mi-longs (les cheveux lui arrivent à la base des épaules) et il porte une barbe blanche également. Bien qu'il connaisse déjà son nom il le cachera pour toujours sous son futur pseudonyme : Fulcanelli. Ils discutent de quelques banalités concernant les études du jeune Eugène puis échangent quelques mots concernant les choses magiques et spirituelles (ce dont la vieille femme lui a surtout parlé) avant de finir par aborder l'alchimie. Fulcanelli conseillera à Eugène quelques ouvrages et lui prétera même un exemplaire du livre de Louis Figuier, L'Alchimie et les Alchimistes, que celui-ci s'empressera de lire. A la fin de ce premier entretien Fulcanelli lui propose de revenir le voir si il le désire.
Dans un premier temps les rencontres entre Eugène et Fulcanelli sont assez espacées (environ une tous les 2 à 3 mois), à chaque fois Fulcanelli renvoit son jeune apprenti vers de nouvelles lectures, de nouvelles réflexions. Il ne semble pourtant pas s'intéresser plus que cela à l'éducation alchimique du jeune homme.
Néanmoins un jour Eugène le prend à part et lui dit : "maître j'ai découvert le nom de la matière première, c'est celle-là !". Fulcanelli est ébahi. Comment un homme si jeune peut déjà savoir à son âge le nom de la Materia Prima. Ce jeune homme doit avoir nécessairement de grandes dispositions pour l'alchimie se dit-il. A partir de ce moment les rencontres entre Fulcanelli et Canseliet vont se rapprocher et Fulcanelli va véritablement prendre son jeune ami pour disciple. Nous sommes en 1916.
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